Le Rory Peck Trust a lancé une nouvelle bourse destinée à aider les journalistes indépendants en exil à relancer leur carrière au Royaume-Uni.
Des milliers de journalistes à travers le monde ont été contraints de quitter leur pays d’origine en raison de leur travail. Certains ont été expulsés par leur gouvernement ; d’autres ont fui les persécutions, les détentions arbitraires ou les menaces de mort. Le nombre de personnes contraintes à l’exil a fortement augmenté ces dernières années. Près de la moitié des journalistes qui sollicitent aujourd’hui l’aide du Rory Peck Trust sont des pigistes qui ont fui leur pays ou tentent de s’en échapper. Si beaucoup espèrent que leur exil ne sera que temporaire, la réalité est souvent bien différente : ce qui commence comme un refuge à court terme peut devenir une réalité permanente.
Lors d’une série d’ateliers organisés par le Trust, des journalistes en exil vivant aujourd’hui au Royaume-Uni ont expliqué qu’ils se heurtaient tous à des obstacles majeurs pour poursuivre leur carrière. Leurs diplômes n’étaient pas toujours reconnus, leurs réseaux professionnels avaient disparu et beaucoup peinaient à se faire une place dans le secteur des médias britanniques. C’est pourquoi, à partir de septembre, le Rory Peck Trust s’associe à City St George’s, Université de Londres, afin de permettre à un journaliste en exil de valider un master en journalisme international.
Jon Williams, directeur exécutif du Rory Peck Trust, a déclaré : « Pour bon nombre d’entre eux, c’est leur métier de journaliste qui les a amenés ici. Ils ont été contraints de fuir après avoir révélé des faits que d’autres voulaient garder secrets. Ce sont des journalistes talentueux et courageux qui ont simplement besoin d’une occasion de montrer ce dont ils sont capables. Cette bourse les aidera à relancer leur carrière, à se créer de nouveaux réseaux professionnels et à assurer l’avenir de leur métier de journaliste, à des milliers de miles de chez eux. »
Ce programme de master intensif d’un an allie une formation pratique couvrant le journalisme audiovisuel, de la presse écrite et numérique à des études approfondies sur le reportage international, permettant ainsi aux étudiants d’acquérir les compétences nécessaires pour évoluer dans le paysage médiatique mondial actuel. La Dre Zahera Harb, directrice des études de troisième cycle à City St George’s, connaît bien les défis auxquels sont confrontés les journalistes contraints de quitter leur pays. Avant de s’installer au Royaume-Uni, elle a passé plus d’une décennie à exercer les fonctions de reporter et de présentatrice au Liban. Elle a déclaré : « Nous sommes extrêmement enthousiastes à l’idée de ce partenariat avec le Rory Peck Trust et des opportunités qu’il créera pour soutenir les journalistes en exil. Il leur apportera les connaissances, les réseaux professionnels et la perspective mondiale nécessaires pour se construire une carrière réussie, en les aidant à surmonter les perturbations professionnelles causées par le déplacement et l’exil. »
Les candidats doivent être des journalistes indépendants vivant en exil, déplacés ou menacés en raison de leur activité journalistique. Ils doivent satisfaire aux critères d’admission de City St George’s en matière de niveau académique et de maîtrise de l’anglais, et disposer d’un statut d’immigration leur permettant d’étudier au Royaume-Uni. Les candidatures sont désormais ouvertes via le bouton ci-dessous ; le nom du premier boursier Rory Peck sera annoncé en septembre.
Williams espère que cette bourse constituera la première étape d’un programme plus large de soutien aux journalistes contraints à l’exil. « Le journalisme repose autant sur la communauté que sur la concurrence. Les journalistes comptent les uns sur les autres pour obtenir des conseils, du soutien et partager leurs expériences. Ce sentiment de solidarité professionnelle prend encore plus d’importance lorsqu’une personne a été contrainte de tout laisser derrière elle. Cette bourse va au-delà de la simple formation. Il s’agit d’aider des journalistes exceptionnels à retrouver leur place – et de protéger le journalisme indépendant. »
Si vous souhaitezcontribuer au financement des études d'un journaliste en exil, veuillez cliquer ici.
